{"id":35,"date":"2014-02-03T21:57:06","date_gmt":"2014-02-03T21:57:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.christinemirgalet.com\/?page_id=35"},"modified":"2022-11-20T17:43:09","modified_gmt":"2022-11-20T17:43:09","slug":"articles-et-textes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.christinemirgalet.com\/?page_id=35","title":{"rendered":"Articles et textes \/ Articles and texts"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">[vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\n<table class=\" alignleft\" style=\"width: 101.39542183972914%; height: 5063px;\" border=\"0\" align=\"left\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 51.833474599518766%; text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong>Isabelle CREMOUX, <em>directrice de l\u2019agence 14 septembre, Lyon.\u00a0<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Les mers et les oc\u00e9ans sont devenus un enjeu g\u00e9opolitique majeur. Il s\u2019agit de dominer les grands axes commerciaux, de tenir des points militaires strat\u00e9giques, d\u2019exploiter les ressources des grands fonds. Seul espace encore inexplor\u00e9, ils sont l\u2019objet de toutes les convoitises. Simultan\u00e9ment, la mer est pollu\u00e9e de mani\u00e8re continue, nul ne sait jusqu\u2019o\u00f9 pourra aller sa capacit\u00e9 de digestion. L\u2019Arche de No\u00e9 sera-t-elle bient\u00f4t \u00e0 l\u2019ordre du jour\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Ces grandes questions, Christine Mirgalet, l\u2019air de rien, les frotte et les chatouille au ton l\u00e9ger de l\u2019humour po\u00e9tique\u00a0:\u00a0des poissons dig\u00e9rant nos d\u00e9chets,\u00a0des poissons submergeant \u00eeles et littoraux, des poissons prenant leur revanche. Point ici de d\u00e9nonciation sentencieuse. Juste, par petites touches, des questions \u00e0 se poser.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Aquarelle et collages, transparences, c\u2019est r\u00e9jouissant de finesse et de malice. <em>Lyon, 2018.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><strong>Rui ALBERTO<\/strong><em><strong>, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en esth\u00e9tique et sciences de l&rsquo;art, Universit\u00e9 Montpellier.\u00a0<\/strong>Exposition Ichtyographies.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Cette exposition joue sur la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du registre de l&rsquo;humour, tout en t\u00e9moignant d&rsquo;une ind\u00e9niable ma\u00eetrise technique. Et aussi, plus qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet, d&rsquo;une r\u00e9flexion sur la cr\u00e9ation contemporaine.\u00a0Le parti pris de l&rsquo;approche naturaliste introduit un brouillage des fronti\u00e8res entre le monde suppos\u00e9 s\u00e9rieux et neutre de la science et celui pr\u00e9tendument fantaisiste de la cr\u00e9ation artistique. Mais chacun sait ce que certains dessins techniques\u00a0 ou planches de botanique peuvent contenir de po\u00e9sie. Christine Mirgalet jongle avec ces d\u00e9limitations \u00e9tanches pour en faire un parti pris esth\u00e9tique.\u00a0On peut trouver, dans ces travaux, quelque chose de l&rsquo;autoportrait collectif via les papiers plus ou moins d\u00e9risoires qui t\u00e9moignent de cet ici et maintenant de nos vies. Ses \u0153uvres sont dat\u00e9es par les mat\u00e9riaux m\u00eames qui les composent.\u00a0L&rsquo;on y per\u00e7oit \u00e9galement l&rsquo;inqui\u00e9tude de \u00ab\u00a0faire de l&rsquo;art\u00a0\u00bb en ne s&rsquo;affrontant pas \u00e0 la Cr\u00e9ation Culturelle avec sa majuscule. Faut-il, aujourd&rsquo;hui, pour \u00eatre artiste, s&rsquo;inscrire toujours dans la nouveaut\u00e9, \u00e0 contre-pied ? Faut-il se positionner comme un chercheur, sous peine de se voir disqualifi\u00e9 : amateur, au mauvais sens du terme ?\u00a0Le travail de Christine Mirgalet s&rsquo;essaie \u00e0 \u00eatre<em><strong> et\u00a0<\/strong><\/em>artistique,<strong><em> et<\/em><\/strong> amateur. La rigueur dans la d\u00e9marche comme dans l&rsquo;exigence plastique lui donne sa pleine l\u00e9gitimit\u00e9. Mais la distance et l&rsquo;humour qu&rsquo;elle y met lui permettent ce pas de c\u00f4t\u00e9 auquel elle semble attach\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><em>N\u00eemes, d\u00e9cembre 2013<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><strong>Jean-Fran\u00e7ois FAVRAT<em>, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en math\u00e9matiques, Universit\u00e9 Montpellier. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Des poissons aux couleurs du monde.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Christine Mirgalet peint toutes sortes de poissons. Certains sont\u00a0parfaitement reconnaissables : maquereaux vert iris\u00e9, sardines bleu\u00a0dor\u00e9, harengs luisants, truites constell\u00e9es, rascasses \u00e9carlates,\u00a0Saint-Pierre tachet\u00e9s, des poissons criants de v\u00e9rit\u00e9 comme ceux des\u00a0\u00e9tals de nos march\u00e9s. Elle sait habilement utiliser, en les\u00a0contr\u00f4lant ou en laissant faire le hasard des plis et des d\u00e9coupes,\u00a0les couleurs issues du fond sur lequel elle peint : les gris\u00a0irr\u00e9guliers des pages de quotidiens dans la s\u00e9rie <strong><em>Emballez,\u00a0c\u2019est pes\u00e9 !<\/em><\/strong>, les zones ocres, brunes, vert p\u00e2le des cartes qui\u00a0apportent des cama\u00efeux aussi vrais que nature ou, mieux, en donnent\u00a0l\u2019illusion. L\u2019id\u00e9e que ces poissons sont aux couleurs du monde, surgie\u00a0comme une plaisanterie, s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 moi comme une de ses marques\u00a0de fabrique, elle signe une intention qui donne un sens tr\u00e8s profond \u00e0\u00a0toute son \u0153uvre. Cette id\u00e9e est en jeu dans la s\u00e9rie des <em><strong>Ichtyographies<\/strong><\/em>. Elle est si\u00a0diff\u00e9rente des pr\u00e9c\u00e9dentes, mais si bien adapt\u00e9e \u00e0 la double fantaisie\u00a0joyeuse, celle de Christine Mirgalet et celle des couleurs et des\u00a0formes de tous ces autres poissons que je ne connaissais gu\u00e8re et qui\u00a0depuis m\u2019enchantent : balistes, poissons-globes, girelles, etc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Christine Mirgalet a trouv\u00e9 le moyen d\u2019exprimer \u00e0 la fois sa\u00a0fascination pour la diversit\u00e9 spectaculaire, inimaginable, de tous ces\u00a0poissons, son plaisir esth\u00e9tique et nostalgique \u00e0 feuilleter les\u00a0d\u00e9licates planches illustr\u00e9es des ouvrages des naturalistes et ses\u00a0craintes devant les effets n\u00e9fastes sur le monde marin de toutes nos\u00a0habitudes de vie, plaisantes ou non, recherch\u00e9es ou contraintes. Elle\u00a0sait qu\u2019on retrouve des m\u00e9taux, des pesticides dans la\u00a0chair des poissons qui confondent pour s\u2019alimenter plancton et\u00a0micro-d\u00e9chets en mati\u00e8re plastique, (nos sacs, nos bouteilles h\u00e9las\u00a0arriv\u00e9es \u00e0 la mer), que nos objets quotidiens, nos usines, notre\u00a0agriculture industrialis\u00e9e, notre surconsommation, contribuent \u00e0 la\u00a0pollution des oc\u00e9ans, transforment les poissons et leur comportement,\u00a0quand ils ne les empoisonnent pas. La voici consignant chaque nouvelle\u00a0esp\u00e8ce, montrant comment chaque ancienne mute sous nos yeux aveugl\u00e9s.\u00a0Voil\u00e0 nos papiers d\u2019emballage, les \u00e9tiquettes des produits qu\u2019on aime\u00a0\u2013 ce point est fondamental \u2013 comme le vin, l\u2019huile d\u2019olive, le\u00a0chocolat, et ceux qu\u2019on d\u00e9teste, ceux de la malbouffe, avec nos\u00a0contraventions, nos plans de ville, nos agendas, nos tickets, tous\u00a0embarqu\u00e9s dans une superbe parabole. Soigneusement d\u00e9coup\u00e9s mais\u00a0encore identifiables, choisis pour leurs couleurs et les lignes qui\u00a0les traversent, ils sont les pigments empoisonn\u00e9s de ces nouveaux\u00a0poissons pas si imaginaires que cela. Des vrais poissons, ils ont\u00a0gard\u00e9 les caract\u00e9ristiques, l\u2019allure, le go\u00fbt pour l\u2019apparat. Dr\u00f4les\u00a0et touchants, ils s\u00e9duisent encore.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Christine Mirgalet est une femme de combats. Dans son art, elle les\u00a0conduit avec clart\u00e9, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, humour, parfois de la d\u00e9rision comme\u00a0dans la s\u00e9rie <strong><em>La r\u00e9bellion des miettes de thon<\/em><\/strong>. Dans <strong><em>Les mauvais\u00a0enfants<\/em><\/strong> elle nous livre quelques-unes de ses raisons d\u2019\u00eatre inqui\u00e8te :\u00a0la finance, les dictats de la mode, les in\u00e9galit\u00e9s homme\/femme, etc.\u00a0Mais c\u2019est d\u2019abord sur les questions concernant les poissons qu\u2019elle\u00a0semble avoir mis la priorit\u00e9. Ainsi dans la s\u00e9rie <strong><em>Portulans<\/em><\/strong>, au\u00a0pr\u00e9texte de d\u00e9noncer l\u2019invisibilit\u00e9 des oc\u00e9ans dans les cartes de\u00a0g\u00e9ographie, elle s\u2019applique surtout \u00e0 faire sortir les poissons de\u00a0leur statut d\u2019exploit\u00e9s (la sur-p\u00eache) et d\u2019invisibles\u00a0quand ils ne sont pas dans nos assiettes. Elle les met en mouvement,\u00a0ils ne sont plus vendus dans du papier journal, ils sont vivants, ils\u00a0jaillissent, s\u2019\u00e9chappent entre des plaques tectoniques, survolent les\u00a0terres, investissent la moindre crique ; certains pourraient bien \u00eatre\u00a0agressifs, voraces comme les requins ou les barracudas. Il y a comme\u00a0de la r\u00e9volte. Jamais les portulans, invent\u00e9s pour guider les\u00a0d\u00e9placements des navigateurs, d\u00e9cor\u00e9s de jolis monstres, tritons,\u00a0n\u00e9r\u00e9ides et baleines n\u2019ont si bien repr\u00e9sent\u00e9 la profondeur de\u00a0l\u2019espace marin, les modes de d\u00e9placements habituels des poissons,\u00a0bancs r\u00e9guliers et puissants, virevoltes soudaines et d\u00e9sordonn\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Dans <strong><em>La mont\u00e9e des eaux<\/em><\/strong>, les poissons peuvent nager tranquillement au-dessus des terres ou en convoiter de nouvelles, ils n\u2019ont pas \u00e0\u00a0lutter, avec le r\u00e9chauffement climatique ce n\u2019est d\u00e9sormais plus une\u00a0fiction. Le message est simple, les moyens \u00e9conomiques \u2013 un peu de\u00a0peinture bleue sur des \u00eeles \u2013 l\u2019humour cruel. Non. C\u2019est notre monde\u00a0qui est cruel.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">Quand je revois ces deux s\u00e9ries sur le site, je suis frapp\u00e9 par\u00a0l\u2019importance prise par les cartes de g\u00e9ographie actuelles ou\u00a0anciennes, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans Ichtyographies : beaucoup d\u2019\u00eeles, de\u00a0c\u00f4tes, de d\u00e9troits, des cartes de pays proches ou lointains, du monde\u00a0entier. Les cartes ont un fantastique pouvoir \u00e9vocateur d\u2019\u00e9motions\u00a0agr\u00e9ables : souvenirs d\u2019\u00e9v\u00e9nements intimes heureux, de voyages\u00a0touristiques partag\u00e9s, de r\u00eaves de d\u00e9parts. En m\u00eame temps, impossible\u00a0d\u2019oublier les questions g\u00e9ographiques et humaines que notre \u00e9poque\u00a0traverse : probl\u00e8mes de fronti\u00e8res, de migrations, de domination\u00a0\u00e9conomique, de recompositions strat\u00e9giques, etc. L\u2019artiste est\u00a0parfaitement consciente de ces deux aspects. Dans ces deux s\u00e9ries\u00a0comme dans tout le travail qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9, Christine Mirgalet\u00a0montre qu\u2019elle est ouverte au monde, \u00e0 ses probl\u00e8mes, qu\u2019elle parvient\u00a0\u00e0 le peindre comme il va et \u00e0 en appr\u00e9cier les plaisirs. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><em>Mars 2016.<\/em><\/span><\/td>\n<td style=\"width: 0.7468259895444361%; text-align: justify;\"><strong>&#8230;.<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 55.02248875562219%;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\"><strong>Isabelle Cr\u00e9moux, <em>director, agence 14 septembre<\/em>, Lyon, France<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Seas and oceans have become major geopolitical game stakes.\u00a0 In play are the domination of major commercial routes, control of strategic military positions, and exploitation of deep water resources. \u00a0Occupying these final, unexplored niches is a role coveted by all.\u00a0 At the same time, maritime pollution continues, without regard for the sea&rsquo;s unknown capacity to digest it. Will Noah&rsquo;s ark soon be reappearing on the agenda?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Christine Mirgalet lightly caresses and teases these great questions with poetic humour: fish digesting our waste, fish submerging islands and seacoasts, fish seeking revenge. No sententious denunciation here. Just gentle brushstrokes,\u00a0posing queries.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Watercolours and collages, transparencies, cheerful subtlety and mischievousness.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\"><em>Lyon, 2018.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Rui ALBERTO, Senior Lecturer in Aesthetics and Art Sciences, University of Montpellier.\u00a0Exhibition Ichtyographies, N\u00eemes.This exhibition embraces humour in all its frivolity while displaying an undeniable technical mastery. It is also, more than initial appearances might suggest, a reflection on contemporary creativity.The naturalist approach blurs the frontier between the supposedly serious, objective realm of science and whimsical, artistic creation. But it is a commonplace that some technical and botanical drawings can be truly poetic. Christine Mirgalet jostles these watertight boundaries, giving them an aesthetic turn or bias.One discerns in these works something akin to collective self-portraiture, papers of derisive insignificance bearing witness to the here and now of daily life.\u00a0 Her works reflect their times in the very materials used to create them.\u00a0Equally discernible is a concern for &lsquo;making art&rsquo; without entangling oneself in Cultural Creation, with its capital C&rsquo;s. Must one, today, in order to be an artist, side always with novelty, with the offbeat ? Is it obligatory to position oneself as a seeker to avoid demotion to the rank of amateur, in the worst sense of the term ?\u00a0Christine Mirgalet\u2019s work strives to be both artistic and amateur. Her conceptual approach and artistic execution, alike disciplined, infuse it with plenty of legitimacy.\u00a0 But her added touches of distance and humour permit the truly offbeat side step she apparently favours taking.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\"><em>D\u00e9cembre 2013<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\"><strong>Jean-Fran\u00e7ois FAVRAT<em>, Senior Lecturer in Mathematics, University of Montpellier.\u00a0<\/em><\/strong>A Colourful World of Fish<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Christine Mirgalet paints all manner of fish. Some are easily\u00a0recognisable: iridescent green mackerel, golden blue sardines, shiny\u00a0herring, starry trout, scarlet redfish, speckled Saint-Pierre -these\u00a0are as true to life as those in any fish market stall.\u00a0 In addition,\u00a0through a skilful blend of control and free rein given to haphazard\u00a0folds and cuts, she coaxes colours from the substrates on which she\u00a0paints: the variegated greys of Le Monde in her series Emballez, c\u2019est\u00a0pes\u00e9 ! (Wrap it up!); the ochre, browns, pale greens of maps which\u00a0mimic nature&rsquo;s palette, or, better, create the illusion of it. The\u00a0notion that fish incorporate the colours of the world emerges as a\u00a0deft joke, insinuating itself like one of her brands, signalling an\u00a0intention that infuses her work with profound meaning.\u00a0This is evident in the Ichtyographies series. Like its predecessors it\u00a0is distinctive while lending itself equally well to a joyful double\u00a0whimsy, Christine\u2019s own and the colours and contours of fish I\u00a0scarcely knew and now find enchanting: triggerfish, puffer fish,\u00a0wrasse, etc. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Christine Mirgalet expresses at a stroke her fascination\u00a0with the spectacular, unimaginable diversity of these fish, her\u00a0aesthetic and nostalgic pleasure in leafing through delicate\u00a0illustrations of naturalists\u2019 books, and concern over the harmful\u00a0impact on the marine world of our lifestyles, congenial or otherwise,\u00a0chosen or imposed. She knows that metals and pesticides inhere in the\u00a0flesh of fish who mistake plastic micro-waste (from plastic bags and\u00a0bottles that, alas, wind up in the ocean) for plankton, that our\u00a0everyday items, factories, industrialised agriculture and\u00a0overconsumption contribute to ocean pollution, altering fish and their\u00a0behaviour when not actually poisoning them. Behold the resulting new\u00a0species, shown mutating under our blind eyes!\u00a0 Behold the wrappers and\u00a0labels of products we love \u2013 this is fundamental \u2013 like wine, olive\u00a0oil, chocolate, and of those manifestly less loveable&#8211;junk food,\u00a0traffic tickets, street maps, agendas, tickets&#8211;all embedded in a\u00a0superb parable. Carefully fragmented but still identifiable, chosen\u00a0for their colours and traversing lines, they are the envenomed\u00a0pigments of new fish that aren&rsquo;t so imaginary after all. These real\u00a0fish retain their features, style and taste for luxury. Amusing and\u00a0touching, they continue to seduce.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">Christine Mirgalet is a fighter. As an artist, her weapons are\u00a0clarity, lightness, humour and sometimes mockery, as in the series, La\u00a0r\u00e9bellion des miettes de thon (The rebellion of the tuna flakes). Les\u00a0mauvais enfants (The brats) targets some of the roots of her disquiet:\u00a0finance, fashion\u2019s dictates, gender inequality, etc. But issues\u00a0bearing on fish remain the foremost concern. In Portulans, under the\u00a0pretext of denouncing the invisibility of oceans on maps, she strives\u00a0to release fish from their status as exploited resources (overfishing\u00a0is a reality), invisible except when on our plates. She puts them in\u00a0motion, no longer sold in newspapers: they live, surge, escape from\u00a0cracks between tectonic plates, soar above the earth, penetrate the\u00a0smallest bays; some could be aggressive or voracious, like sharks or\u00a0barracuda. It has every appearance of a rebellion!\u00a0 Never have\u00a0navigational charts&#8211;invented to guide sailors, decorated with\u00a0attractive monsters, tritons, sea nymphs and whales- so ably portrayed\u00a0the depths of marine space, the unique ways fish move, regular and\u00a0powerful shoals, sudden and disorderly whirling. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">In La mont\u00e9e des\u00a0eaux, fish can easily swim over land or, without struggle, covet the\u00a0new land climate change is rendering no longer fictional. The message\u00a0is simple, the means economical\u2013 a dab of blue paint over islands \u2013\u00a0the humour harsh. No&#8230; the cruelty is the world&rsquo;s.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\">When viewing both these series on the website, I&rsquo;m struck by the\u00a0important role played by contemporary and ancient maps, evident also\u00a0in Ichtyographies: numerous islands, coasts, straits, maps of\u00a0countries near and remote, of the entire world. Maps can powerfully\u00a0evoke congenial emotions: memories of happy intimate events, of shared\u00a0adventures in tourism, of dreams of departure. At the same time, it is\u00a0impossible to overlook our era&rsquo;s geographical and human issues: border\u00a0disputes, migrations, economic oppression, strategic restructuring,\u00a0etc. The artist is perfectly cognizant of this dual aspect. In these\u00a0two series, as in all her work, Christine Mirgalet shows herself open\u00a0to the world, acknowledging its problems while managing not to lose\u00a0sight of its pleasures. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ccffff;\"><em>March 2016.<\/em><\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text] Isabelle CREMOUX, directrice de l\u2019agence 14 septembre, Lyon.\u00a0 Les mers et les oc\u00e9ans sont devenus un enjeu g\u00e9opolitique majeur. 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